LBO : technique de rachat d'entreprise
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Sommaire
- Qu’est-ce qu’un LBO ?
- Comment fonctionne un LBO ?
- Quels sont les avantages d’un LBO ?
- Quels sont les risques et les inconvénients d’un LBO ?
- Comment structurer un LBO ?
- Quel délai faut-il prévoir pour réaliser un LBO ?
- Qui peut faire un LBO ?
- Quels documents préparer avant un LBO ?
- Combien coûte un LBO ?
- Pourquoi faire appel à un avocat pour un LBO ?
- Exemples concrets de LBO
- Pourquoi contacter Avocats Picovschi pour un LBO ?
- Conclusion
- FAQ - Questions fréquentes
Le LBO est une technique de reprise particulièrement performante, mais qui ne saurait être réduite à un simple montage financier. Derrière l’effet de levier se jouent la prise de contrôle, la dette d’acquisition, la remontée des flux, la gouvernance post-closing, les sûretés bancaires, la fiscalité de la holding et la responsabilité des dirigeants. L’intervention d’un avocat compétent en matière de LBO permet précisément d’anticiper ces points de friction, de structurer l’opération et d’éviter qu’un montage séduisant sur le papier ne devienne un dossier à risque.
Qu’est-ce qu’un LBO ?
Le LBO (Leverage Buy Out) consiste, en pratique, à faire acquérir une société cible par une holding de reprise financée à la fois par des fonds propres et par de la dette. L’enjeu n’est pas seulement d’acheter des titres : il faut aussi organiser le pouvoir, le financement, la circulation des flux et la stabilité du groupe après l’acquisition.
Le LBO ne se limite pas aux reprises conduites par un dirigeant ou un investisseur : il peut également être mobilisé dans le cadre d’opérations de reprise d’entreprise par les salariés ou les dirigeants, notamment à travers les mécanismes de rachat réservés aux salariés prévus par l’article L. 3332-16 du Code du travail. Ces opérations peuvent relever, selon leur structuration, d’un LMBO (Leverage Management Buy Out)
En matière de LBO, il convient donc de raisonner non seulement en pourcentage de détention du capital, mais aussi en droits de vote, pouvoirs de gouvernance, mécanismes de liquidité et de sortie (tag along, drag along), clauses d’agrément, management package, covenants bancaires, répartition du pouvoir au sein de la holding, règles de distribution des dividendes et mécanismes de contrôle post-acquisition.
Comment fonctionne un LBO ?
Dans un schéma classique, une holding de reprise acquiert les titres de la société cible grâce à un apport en fonds propres et à une dette bancaire.
La holding porte l’acquisition, tandis que le remboursement de la dette repose ensuite, selon la structure retenue, sur les flux remontant et sur la performance économique réelle de la cible. Le remboursement de la dette d’acquisition repose fréquemment, selon la structuration retenue et les capacités distributives de la cible, sur les flux remontés au niveau de la holding, notamment sous forme de dividendes.
Cette mécanique implique d’articuler plusieurs composantes essentielles de l’opération, lesquelles seront notamment formalisées dans la documentation juridique principale, en particulier le SPA et le pacte d’associés : détermination du prix, garanties, structuration de la dette, gouvernance, politique de distribution de dividendes, sûretés et organisation fiscale de la holding.
C’est pourquoi un LBO constitue toujours une opération mobilisant plusieurs grandes disciplines du droit, parmi lesquelles, le droit des sociétés, le financement ainsi que la structuration juridique et fiscale de l’opération ; il ne s’agit donc jamais d’un simple montage financier.
Quels sont les avantages d’un LBO ?
Le LBO constitue un excellent outil particulièrement efficace permettant de combiner un effet de levier financier, capitalistique, de gouvernance et fiscal. Il permet notamment :
- De reprendre une entreprise sans mobiliser immédiatement l’intégralité du prix sur fonds propres ;
- D’acquérir une cible d’une taille plus importante que dans une opération financée exclusivement en capital ;
- D’organiser une transmission progressive de PME ou d’ETI ;
- De faire entrer ou sortir certains associés en conservant un cadre de contrôle maîtrisé ;
- D’associer, dans un schéma clair, dirigeants, managers, investisseurs et cédants autour d’une même logique de gouvernance ;
De préparer, sous conditions, une structuration fiscale cohérente au niveau de la holding.
Quels sont les risques et les inconvénients d’un LBO ?
Le principal point de fragilité d’un LBO tient à ce que la dette d’acquisition repose sur la capacité de la cible à générer des flux réguliers. Si la valorisation est trop élevée, si la rentabilité a été surestimée ou si le financement a été négocié dans des conditions trop tendues, l’opération peut rapidement devenir source de blocages, de refinancement contraint ou de contentieux.
Un montage financièrement exigeant
Le LBO expose d’abord à un risque de survalorisation, de dette excessive et de pression durable sur la trésorerie. Lorsque les performances de la cible ne permettent pas d’absorber la charge financière dans les conditions prévues, les covenants deviennent plus difficiles à respecter et l’opération peut entrer en zone de tension.
À cela peut également s’ajouter un risque de désalignement entre les hypothèses du business plan initial et la réalité opérationnelle post-acquisition, notamment en cas de retournement de marché, de perte d’un client significatif ou d’augmentation du coût du financement.
Un cadre juridique à maîtriser
Le montage peut aussi être fragilisé par une mauvaise maîtrise des règles applicables aux garanties, aux sûretés, aux distributions, aux conventions intragroupe ou aux flux remontant vers la holding. À cela s’ajoute le risque de découverte tardive de passifs fiscaux, sociaux, contractuels ou contentieux insuffisamment identifiés pendant l’audit.
Des conflits possibles après le closing
Enfin, le LBO peut faire naître des désaccords entre investisseurs, dirigeants, managers et associés historiques, mais aussi des difficultés d’exécution de la garantie d’actif et de passif ou des tensions avec le prêteur autour des covenants, des cas de défaut et des engagements souscrits. La responsabilité des dirigeants peut également être discutée si l’opération a été conduite sans respect suffisant de l’intérêt social ou des textes applicables.
Comment structurer un LBO ?
Un LBO ne se résume ni à un prix, ni à une dette. L’opération doit être construite dans un ordre précis : définir qui contrôlera la cible, calibrer un financement soutenable, organiser les flux entre les sociétés, arrêter le schéma fiscal de la holding et sécuriser la documentation de closing comme la phase post-acquisition.
Cadrer le contrôle et la gouvernance
Il faut d’abord déterminer qui exercera réellement le pouvoir après l’opération. Cette analyse ne dépend pas seulement du pourcentage de capital, mais aussi des droits de vote, des statuts, des pactes d’associés, des clauses de nomination et des mécanismes de sortie.
Structurer le financement d’acquisition
Le financement doit être calibré à partir de la capacité réelle de la cible à générer des flux, sans tomber dans le champ des mécanismes d’assistance financière prohibé par l’article L. 225-216 du Code de commerce, qui interdit à une société d’avancer des fonds, d’accorder des prêts ou de consentir une sûreté pour permettre à un tiers d’acquérir ses propres actions. La société cible ne peut donc pas financer ni garantir directement sa propre acquisition. La soutenabilité de la dette, les covenants, les sûretés et les garanties bancaires doivent être appréciés en amont.
Organiser les flux entre la cible et la holding
Le remboursement de la dette de holding suppose souvent une remontée de dividendes. Encore faut-il que cette distribution soit légalement possible. Selon l’article L. 232-11 du Code de commerce, le bénéfice distribuable est constitué par le bénéfice de l’exercice, diminué des pertes antérieures et des sommes à porter en réserve, augmenté du report bénéficiaire. Le même texte interdit toute distribution qui ferait passer les capitaux propres sous le montant du capital augmenté des réserves indisponibles.
Définir le schéma fiscal de la holding
Sur le plan fiscal, deux régimes sont classiquement étudiés : le régime mère-fille et l’intégration fiscale.
Selon l’article 145 du CGI, le régime des sociétés mères s’applique, sous conditions, aux sociétés soumises à l’IS détenant notamment au moins 5 % du capital de la société émettrice et conservant les titres pendant le délai requis. L’article 216 du CGI prévoit que les produits de participation peuvent être retranchés du bénéfice net total, sous déduction d’une quote-part de frais et charges de 5 %, ramenée à 1 % dans certaines hypothèses de groupe. Le BOFiP relatif au régime des sociétés mères et filiales rappelle expressément qu’il s’agit d’un dispositif fiscal optionnel.
L’intégration fiscale obéit à des conditions propres. Selon l’article 223 A du CGI, une société peut se constituer seule redevable de l’IS sur l’ensemble des résultats du groupe qu’elle forme avec les sociétés dont elle détient au moins 95 % du capital, l’option étant valable pour cinq exercices.
Sécuriser la documentation et l’après-closing
Le closing ne marque pas la fin du risque. Il faut verrouiller les garanties d’actif et de passif, les conditions suspensives, les engagements du management, la documentation bancaire, les conventions intragroupe et la gouvernance post-opération pour éviter que les premières difficultés ne se transforment en contentieux.
Quel délai faut-il prévoir pour réaliser un LBO ?
Le délai d’un LBO dépend moins d’un calendrier prédéfini que du niveau de préparation concret de l’opération. En pratique, il est surtout influencé par la qualité des informations financières disponibles, l’étendue des audits à réaliser, la structuration du financement bancaire, les négociations autour des garanties, ainsi que la complexité globale du montage.
Lorsque la cible est bien préparée, avec une documentation complète et une gouvernance déjà stabilisée, le processus peut être significativement accéléré. À l’inverse, un actionnariat éclaté, une data room incomplète ou des discussions difficiles sur les sûretés et garanties ont tendance à rallonger sensiblement les délais.
Qui peut faire un LBO ?
Le LBO n’est pas réservé aux grands groupes ni aux opérations de très grande taille. Il peut être envisagé dans des contextes variés : transmission familiale, reprise par les managers, réorganisation entre associés ou entrée d’un investisseur aux côtés du management.
En pratique, peuvent recourir à un LBO :
- Un dirigeant qui reprend ou consolide le contrôle de son entreprise ;
- Une équipe de management qui souhaite reprendre la société ;
- Des associés qui réorganisent le capital ;
- Une famille qui prépare une transmission ;
- Un investisseur qui entre au capital avec un management en place.
Le véritable sujet n’est pas la taille du dossier, mais la cohérence du triptyque cible – financement – gouvernance. Une entreprise trop dépendante d’un homme-clé, insuffisamment structurée ou juridiquement mal tenue appelle, en revanche, une vigilance renforcée avant d’envisager un effet de levier.
Quels documents préparer avant un LBO ?
Combien coûte un LBO ?
Il n’existe pas de coût standard pour un LBO. Le coût global d’une opération dépend de plusieurs postes qui se cumulent : honoraires d’avocats, audits et due diligences, frais de structuration, frais bancaires, garanties, intervention d’experts ou de commissaires, formalités, et, le cas échéant, coûts de mise à niveau de la documentation sociale et comptable.
La vraie question n’est pas seulement celle du coût immédiat, mais celle du niveau de sécurisation nécessaire. Un LBO préparé à l’économie peut générer, après le closing, des coûts bien supérieurs à ceux qu’aurait impliqués une structuration rigoureuse en amont.
Quels sont les pièges à éviter dans un LBO ?
Dans un LBO, les difficultés naissent rarement d’une erreur isolée. Elles procèdent plus souvent d’un enchaînement de décisions insuffisamment arbitrées sur le financement, les flux, la gouvernance, les garanties et la documentation.
Les principaux pièges à éviter sont les suivants :
- Surévaluer la cible ou retenir un niveau de dette déconnecté de sa capacité réelle à générer des flux ;
- Surévaluer la capacité de distribution de la cible ;
- Laisser la société rachetée financer directement ou indirectement son propre rachat, en méconnaissance de l’article L. 225-216 du Code de commerce ;
- Raisonner d’abord en fiscalité, avant de raisonner en substance économique ;
- Négliger l’audit des risques fiscaux, sociaux, contractuels ou contentieux avant le closing ;
- Signer la documentation bancaire, le pacte d’associés ou la garantie d’actif et de passif sans avoir arbitré les vrais scénarios de crise post-acquisition ;
Sous-estimer les cas d’engagement de responsabilité des dirigeants au regard des articles L. 223-22 et L. 225-251 du Code de commerce.
Pourquoi faire appel à un avocat pour un LBO ?
Un LBO bien mené est une opération de coordination. L’avocat intervient pour articuler les objectifs des cédants, des repreneurs, du management, des investisseurs et des établissements de crédit, tout en sécurisant la documentation et la chronologie de l’opération.
Dans un LBO, l’avocat ne se contente pas de rédiger des actes : il intervient en amont pour structurer l’opération, arbitrer les risques, encadrer la négociation et sécuriser l’après-closing. C’est précisément cette approche globale qui évite qu’un montage séduisant sur le papier ne devienne, quelques mois plus tard, un dossier bancaire, social, fiscal ou contentieux.
Structurer l’opération dès l’origine
L’avocat aide à définir l’architecture de l’opération : holding de reprise, répartition du capital, droits de vote, équilibres de gouvernance, articulation entre investisseurs et management, clauses de blocage et mécanismes de sortie. En matière de LBO, une opération mal calibrée sur le plan du contrôle produit souvent des difficultés bien après le closing.
Son rôle consiste également à anticiper les interactions entre droit des sociétés, fiscalité, financement et gouvernance. Un schéma juridiquement cohérent mais inadapté à la réalité économique ou bancaire du dossier peut rapidement fragiliser l’ensemble de l’opération. L’avocat veille ainsi à la compatibilité entre les objectifs des investisseurs, les exigences des banques et les intérêts du management.
Il sécurise également juridiquement le rachat d’entreprise à effet de levier en veillant à la validité du montage retenu, à la cohérence des flux financiers et au respect des contraintes légales applicables au financement de l’acquisition. Son intervention permet notamment de prévenir les risques liés à une mauvaise structuration des sûretés, à une répartition déséquilibrée des pouvoirs ou à des mécanismes susceptibles d’être contestés ultérieurement par les associés, les créanciers ou l’administration.
Il intervient aussi pour organiser les flux entre la holding et la cible, encadrer les conventions intragroupes, prévenir les situations de conflits d’intérêts et sécuriser les mécanismes de remontée de trésorerie. Cette phase de structuration conditionne souvent la stabilité du montage sur plusieurs années.
Piloter l’audit et identifier les vrais risques
L’audit ne doit pas être traité comme une formalité. Il sert à identifier les risques réellement transférés avec la cible : passifs sociaux et fiscaux, contrats-clés, sûretés existantes, contentieux, irrégularités de gouvernance, conventions sensibles ou fragilités sur la chaîne de contrôle.
La valeur ajoutée de l’avocat réside moins dans l’accumulation d’informations que dans leur hiérarchisation. Tous les risques n’ont pas la même portée : certains justifient une baisse de prix, d’autres une garantie spécifique, d’autres encore une condition suspensive ou une restructuration préalable.
L’avocat joue également un rôle de coordination entre les différents conseils — fiscalistes, experts-comptables, auditeurs financiers, banques et conseils M&A — afin d’éviter les angles morts entre les disciplines. Dans les opérations complexes, les difficultés proviennent souvent non d’un risque ignoré, mais d’un risque identifié trop tard ou mal réparti contractuellement.
Négocier les clauses qui déplacent réellement le risque
La vraie valeur ajoutée de l’avocat se mesure souvent dans la négociation de la lettre d’intention, de l’exclusivité, des conditions suspensives, de la garantie d’actif et de passif, des plafonds, franchises, garanties bancaires, crédits-vendeurs, earn-out, clauses de non-concurrence et covenants bancaires.
Au-delà de la rédaction, l’avocat évalue la portée concrète des engagements pris par chaque partie. Une garantie mal rédigée, un plafond insuffisant ou une condition suspensive imprécise peuvent rendre certains recours inopérants après l’acquisition.
Il intervient également dans les négociations bancaires afin de limiter les engagements excessifs pesant sur les dirigeants ou les associés : cautions personnelles, clauses d’exigibilité anticipée, restrictions de distribution ou covenants incompatibles avec le business plan. Dans un contexte de financement sous contrainte, l’avocat contribue à maintenir un équilibre acceptable entre sécurité des prêteurs et flexibilité opérationnelle.
Sécuriser le management package et les équilibres de gouvernance
Dans de nombreux LBO, la question du management package est centrale. L’avocat structure les mécanismes d’intéressement des dirigeants et managers : actions ordinaires, actions de préférence, BSPCE, promesses de cession, clauses de bad leaver et de good leaver, ratchets ou mécanismes d’incentive liés à la performance.
Son intervention permet d’éviter des déséquilibres susceptibles de générer des contentieux entre investisseurs et management quelques années plus tard, notamment au moment de la sortie. Il veille à la cohérence entre les droits financiers accordés, les pouvoirs réels des managers et les contraintes imposées par les investisseurs.
L’avocat participe également à la rédaction du pacte d’associés, qui constitue souvent le véritable document de gouvernance de l’opération : décisions soumises à veto, liquidité, sorties forcées, anti-dilution, clauses de préemption, gouvernance de crise et résolution des situations de blocage.
Orchestrer le closing et sécuriser l’exécution
Le closing d’un LBO implique une mécanique documentaire particulièrement dense : actes de cession, financement, sûretés, délégations de pouvoirs, décisions sociales, levées de conditions suspensives, signatures croisées et flux financiers coordonnés.
L’avocat agit ici comme chef d’orchestre juridique de l’opération. Il vérifie la cohérence entre les documents, contrôle la régularité des pouvoirs, supervise les formalités et s’assure que chaque étape intervient dans le bon ordre. Une erreur de séquencement ou une formalité omise peut remettre en cause certaines garanties ou fragiliser les sûretés consenties aux banques.
Sa présence est également essentielle pour gérer les ajustements de dernière minute : négociation finale d’un covenant, traitement d’une anomalie révélée tardivement, adaptation du calendrier bancaire ou arbitrage sur une condition suspensive non totalement levée.
Prévenir les contentieux post-acquisition
Un LBO concentre plusieurs foyers de tension : désaccord entre associés, difficulté d’exécution de la garantie d’actif et de passif, contraintes bancaires, contestation d’une sûreté, blocage de gouvernance ou discussion avec l’administration fiscale. L’avocat travaille ces risques en amont, avant qu’ils ne deviennent un contentieux coûteux.
Son rôle après l’acquisition est souvent sous-estimé. Pourtant, la période post-closing est celle où apparaissent les premières tensions opérationnelles : réalisation du business plan, intégration des équipes, respect des covenants, circulation de l’information entre investisseurs et management, distribution de dividendes ou refinancement.
L’avocat accompagne alors les dirigeants et les associés dans l’exécution des accords conclus, l’adaptation de la gouvernance et la gestion des désaccords avant qu’ils ne dégénèrent en procédure judiciaire ou arbitrale.
À quel moment consulter un avocat pour un LBO ?
Le plus tôt possible. En pratique, beaucoup d’erreurs se nouent avant même la lettre d’intention : prix surévalué, business plan trop agressif, mauvaise allocation des risques, gouvernance mal pensée, garanties acceptées trop vite ou calendrier bancaire incompatible avec les autorisations sociales nécessaires.
Il est utile de le faire intervenir :
- Avant la LOI pour qualifier l’opération et les points rouges ;
- Pendant l’audit pour hiérarchiser les risques qui permettront ensuite la rédaction de la documentation contractuelle ;
- Au stade du financement pour négocier garanties, covenants et engagements personnels ;
- Au moment du closing pour vérifier la cohérence documentaire, les pouvoirs et les conditions suspensives ;
- Après l’acquisition pour sécuriser pacte, gouvernance, flux et prévention des conflits.
Ce que l’avocat LBO sécurise concrètement
- La lettre d’intention et l’organisation de l’exclusivité ;
- L’audit juridique de la cible et la revue des risques juridiques et fiscaux ;
- Le protocole de cession et les mécanismes de prix ;
- La garantie d’actif et de passif ainsi que ses limitations ;
- La documentation de financement bancaire, les sûretés et les covenants ;
- Le pacte d’associés de la holding et de la cible ;
- Les décisions sociales nécessaires au transfert du contrôle ;
- La cohérence fiscale du schéma retenu ;
- La stratégie de sortie et la gestion des situations de blocage.
Autrement dit, l’avocat en LBO n’intervient pas seulement pour formaliser une opération dont les termes ont déjà été négociés. Il intervient pour empêcher qu’un montage acceptable en apparence ne soit fragilisé par une interdiction légale, une documentation incomplète ou une lecture trop optimiste des flux futurs.
Sa valeur ajoutée réside précisément dans cette capacité à articuler stratégie, négociation, technique juridique et gestion du risque sur l’ensemble du cycle de l’opération, depuis les premières discussions jusqu’à la sortie des investisseurs.
Exemples concrets de LBO
Exemple 1 : transmission d’une PME rentable
Le dirigeant d’une société rentable souhaite transmettre l’entreprise à son équipe de management. Une holding est créée, financée par des apports des managers, un crédit bancaire et un crédit-vendeur. L’avocat sécurise la lettre d’intention, l’audit, le protocole de cession, la garantie d’actif et de passif, le pacte d’associés et la gouvernance post-opération.
Exemple 2 : sortie d’un associé et maintien du contrôle par le management
Un associé historique veut céder sa participation, tandis que les dirigeants souhaitent conserver la main sur la stratégie. L’enjeu n’est pas seulement de financer la sortie : il faut aussi encadrer les pouvoirs respectifs, la liquidité future, les clauses de sortie, les déclarations du vendeur, les passifs latents et les garanties de financement.
Exemple 3 : LBO à haut risque à éviter
La cible affiche une rentabilité irrégulière, dépend de quelques clients majeurs et présente des capitaux propres fragiles. Le business plan suppose des remontées de dividendes rapides et une croissance soutenue. Dans un tel contexte, le bon conseil peut être de renégocier le prix, de réduire la dette, de revoir les garanties, de différer l’opération ou d’y renoncer.
Exemple 4 : LBO de croissance (buy & build)
Une société déjà détenue par un fonds de private equity réalise une nouvelle acquisition stratégique pour consolider son marché. L’opération est financée par un endettement additionnel et un réinvestissement des investisseurs. L’enjeu principal réside dans la compatibilité des acquisitions successives avec la structure de financement, les covenants bancaires et l’intégration juridique des sociétés rachetées. L’avocat sécurise la cohérence globale du groupe et les mécanismes d’acquisition additionnelle.
Exemple 5 : LBO de carve-out (détourage d’activité)
Une grande entreprise cède une activité non stratégique dans le cadre d’un carve-out. L’opération implique une séparation complexe des actifs, des contrats, des salariés et des systèmes opérationnels. La dépendance temporaire au groupe vendeur est encadrée par des contrats de transition (TSA). L’enjeu est de garantir l’autonomie réelle de la cible et de sécuriser la continuité opérationnelle post-cession.
Exemple 6 : LBO secondaire entre fonds
Un fonds de private equity revend une société à un autre fonds, dans le cadre d’un LBO secondaire. L’entreprise reste sous sponsor financier mais change d’investisseur majoritaire. L’opération implique une renégociation complète de la dette, des pactes d’associés et des mécanismes d’intéressement du management. L’avocat veille à la continuité juridique tout en sécurisant le “reset” des équilibres contractuels.
Pourquoi contacter Avocats Picovschi pour un LBO ?
Un projet de LBO exige un accompagnement qui ne se limite ni à la rédaction d’actes ni à la seule logique bancaire. Il faut apprécier, dans le même mouvement, la structure de contrôle, la documentation d’acquisition, la robustesse des garanties, la circulation des flux, la soutenabilité de la dette et les risques contentieux susceptibles d’apparaître après le closing.
Contacter Avocats Picovschi, c’est rechercher un accompagnement juridique sur les points qui comptent réellement dans une opération de reprise : sécurisation de la lettre d’intention, audit, négociation de la garantie d’actif et de passif, pacte d’associés, documentation bancaire, gouvernance post-acquisition et prévention des situations de blocage.
En pratique, l’intérêt d’un conseil intervenant tôt tient à sa capacité à challenger la structure envisagée, à détecter les angles morts du dossier et à éviter qu’un schéma séduisant en apparence ne se transforme, après la signature, en contentieux entre associés, en tension bancaire ou en difficulté de gouvernance.
Conclusion
Un LBO réussi n’est pas seulement une opération financée ; c’est une opération juridiquement tenue, fiscalement cohérente et économiquement soutenable. Tout l’enjeu consiste à articuler correctement la prise de contrôle, la dette d’acquisition, les flux distribuables, les garanties, la gouvernance et l’après-closing.
L’intervention d’un avocat en amont permet précisément d’identifier les principaux risques, de les qualifier, de sécuriser les documents structurants et d’arbitrer les choix qui auront un effet durable sur la solidité de l’opération. En matière de LBO, la qualité du montage s’apprécie aussi bien à sa faisabilité juridique qu’à sa capacité à perdurer dans le temps.
FAQ - Questions fréquentes
La société cible peut-elle financer son propre rachat ?
Pour les sociétés anonymes, l’article L. 225-216 du Code de commerce interdit à la société d’avancer des fonds, d’accorder des prêts ou de consentir une sûreté en vue de l’achat de ses propres actions par un tiers.
Peut-on faire remonter librement les dividendes vers la holding ?
Non. La distribution est enfermée dans les limites de l’article L. 232-11 du Code de commerce. Il faut donc vérifier le bénéfice distribuable, les réserves et les capitaux propres avant toute remontée de flux.
Le régime mère-fille s’applique-t-il automatiquement ?
Non. Le BOFiP rappelle que le régime des sociétés mères et filiales défini par l’article 216 du CGI est un dispositif fiscal optionnel, sous les conditions prévues à l’article 145 du CGI.